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 L'horreur dans la cale

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Vas Solemen
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MessageSujet: L'horreur dans la cale   Sam 4 Avr - 22:23

Le vent pousse les voiles du Cerisier  vers l'Est, le soleil brûlant derrière lui illumine les tentures de lin blanc en un rose pâle. Le voyage touche à sa fin, bientôt le vaisseau carmin s’amarrera au port d'Aeoris. Sur le pont du navire marchand, des marins aux pieds et mains gercés par le gros sel effectuent leurs tâches sous les ordres du commandant en second Hansen, un fier matelot et ami du capitaine Solemen. L'homme se dresse, les mains soudées à la barre. L'amarrage est imminent, ses yeux gris fixent un point, une place pas trop serrée des autres frégates sur le port. Si son regard était aussi efficace que sa longue vue de cuivre, il apercevrait des dockers et marchands grouiller sur les planches du littoral telles des fourmis. Hansen souhaiterait tant se pâmer devant tant de splendeur émanant des murs, tours et du reste des fortifications d'une hauteur immensurable pour la plupart de son équipage illettré, cependant la tâche à accomplir reste la priorité et demande concentration et dextérité.
« Appontage à bâbord, pliez la grand voile, réduisez la vitesse ! Je veux voir la marchandise se mouvoir de la cale au pont. »
Denek, le plus jeune homme sur le navire cessa sa tâche de ranger des cordages aux longueurs infinies pour profiter d'un instant à l'ombre dans le ventre du navire. Suivant les instructions de son supérieur, l'adolescent rougi par le soleil se meut entre les marins, d'un bref coup d'oeil le commandant Hansen ajoute à ses ordres :
« Eh ! Toi, n'hésite pas a réveiller monsieur Solemen, malgré sa nuit à récurer les sols il sera toujours ravi de t'aider. »

la trappe de bois s'ouvre, d'abord la lumière, puis les bruits de l'équipage déferlent à l'intérieur de la cale. Denek trouve rapidement le parchemin des cargaisons, un tracé grossier du bateau divisé en quartiers de formes irrégulières marqués chacun par un symbole précis permettait, à l'ouvrier le plus incapable, de savoir l'emplacement et la destination générale des biens. Il repense souvent à retourner à l'école quand il aura les moyens, pour enfin apprendre à lire et un jour peut être, devenir officier. Son doigt parcourt le papier pour finalement situer le symbole de la capitale d'Aeoris. Il saisit une lanterne et traverse les allées de paquetages et de caisses en tout genre à la recherche de ce Solemen. Il ne tarda pas à trouver près d'un sceau renversé, une mare d'eau savonneuse et noire un homme de dos en chien de fusil. Cet individu pitoyablement installé éclairé à la lumière de la lanterne possède un physique étrange pour le milieu de la navigation. Ses cheveux paraissent relativement propres, la masse musculaire de ses bras démontrent qu'il ne devait pas souvent porter de lourdes charges ou monter au grand mat, sa peau semble blanche et saine malgré l'obscurité, Denek distingue une légère marque de griffure sous l'orbite du jeune homme. Au contraire des vêtements de ce Solemen, qui se résument à un bandeau de tissu gris ceignant le sommet de son crâne, d'un gilet  ouvert qui devait être autrefois de couleur malachite et d'une braie blanche ceinturée d'un ruban rouge. Tout semble désigner un homme loin de sa maison. Par compassion, le matelot, secoua gentiment l'épaule et le réveille d'une voix posée :
« Levez vous, le capitaine Hansen m'a demandé de vous chercher pour m'aider à sortir les caisses. »
Lentement, l'homme émerge de son sommeil, et se dresse devant le jeune apprenti. Ce Solemen observe son acolyte puis encoche un sourire :
« Le capitaine hein ? Alors traînons pas, indique moi les marchandises. »

La trappe s'ouvre de nouveau, et recrache deux individus les bras chargés, juste à temps pour les déposer à quai. Le commandant en second Hansen descend de sa barre et rencontre ses hommes sur le pont, il se dirige vers l'un des porteurs, habillé de guenilles verdâtres. Hansen engage la conversation :
« J'espère que je t'ai pas trop tué à la tâche là en dessous Vas. »
il pointe la cale d'un hochement de tête puis reprend :
« Vois tu, ton père m'avais demandé implicitement de te faire voir la dure vie de marin, une petite expérience pour t'inspirer a en faire des chansonnettes dont tu as le secret. »
Un petit rire sardonique s'échappe de sa bouche aux commissures velues par un mauvais rasage au rasoir rouillé.
« En effet, c'était revigorant comme mise en situation, j'ai apprécié faire semblant d'être un laquais, je saisis maintenant l'appréciation que vous avez à vous faire appeler capitaine derrière mon père. »
le visage condescendant du navigateur se modifia en une mine d'embarras.
« Bien sûr tout cela n'était qu'un jeu n'est-ce pas ? Vous vous êtes fait appeler capitaine par l'équipage de mon père pour le trajet, tâchez de ne pas changer de rôle ainsi devant lui, ça ferait de vous un mutin Et vous n'avez sans doute pas envie de jouer le rôle du mutin se balançant sous la potence. »
Humilié, la figure du second Hansen se dégrada en une face stupide, comme quand il fut pris la main dans le sac à voler des pommes chez son voisin quand il avais cinq ans. Vas conclut le dialogue :
« Avons nous fini ? J'ai ces chargements sur les bras dont je m'en débarrasserai bien. »
Son interlocuteur lui pointe l'entrée du port où déposer les stocks. Il lui propose aussi de prendre Denek avec lui pour déposer ses affaires dans une auberge en guise de reconnaissance pour un loyal service dans la flotte de son père.
Arrivé sur les sols de la zone de déchargement des marchandise, les deux matelots devenus compères observent les acheteurs de leurs livraisons, Vas s'estomaque devant tant de disparité ethnique réunis en un point : On y voit des individus à la peau sombre, noire même, d'autres sont d'un blanc laiteux. Vas et Denek s'apprêtaient à retourner au navire pour chercher le reste de la cargaison quand ils se font héler de dos par quelqu'un apparemment impatient de récupérer son dû.
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MessageSujet: Re: L'horreur dans la cale   Ven 12 Aoû - 16:34

(Allez, j'ai enfin une idée de réponse, alors je m'incruste. Ne t'étonne pas si mon personnage est hyper cynique, c'est une frustrée de la vie.)

Eleanor marchait vers le port d'un pas rageur. Après sa dernière mission pour Lady B., une profonde blessure au bras l'avait rendue incapable de forger, et elle avait perdu de nombreux clients. Si ce foutu navire n'apportait pas sa livraison aujourd'hui, elle allait devoir fermer boutique et faire la manche pour survivre, ou pire, une idée qui la répugnait : faire le tapin.. Et même comme ça elle n'était pas sure de ne pas mourir de faim. Les amateurs de naines n'étaient pas vraiment courants à Aeoris. Elle ne pourrait même pas chercher refuge dans sa terre natale, son bannissement lui assurant une exécution propre et nette. Elle eut un rictus amer.

Cela faisait des semaines qu'elle attendait cette précieuse cargaison de minerai et de gemmes, indispensable à la création des amulettes et bijoux enchantées et autres poignards ouvragés qu'elle vendait aux elfes et aux humains superstitieux et soucieux de leurs apparences. Comme si une amulettes les sauverait des lames d'un Marcheur. Pathétique...M'enfin bon, ils étaient son fond de commerce, elle n'allait pas les blâmer. Le coupable était ce foutu capitaine Solemen. Deux semaines de retard, c'était inadmissible !

La naine fulminante atteignit finalement les quais, sa magie faisant crépiter l'air d'étincelles autour d'elle sous l'effet de la colère, lui attirant des regards méfiants et réprobateurs des badauds et des travailleurs qui déchargeaient les cargaisons. Ces gens-là haïssaient la magie presque autant que les nains. Eleanor ricana devant l'ironie de la situation. Des humains qui haïssent une naine pratiquante des arcanes, c'était le monde à l'envers !

Elle se calma, histoire de ne pas foutre le feu aux bateaux (et aux malheureux qui s'y trouvaient), et entrepris de chercher une fois encore celui qui l'intéressait. Elle finit par l'apercevoir, tout au bout des quais, il entamait à peine son déchargement. Elle s'en approcha d'un pas vif, prête à déverser toute l'intensité de sa frustration sur le capitaine. Il avait intérêt à avoir une bonne excuse, et à lui faire une ristourne pour le préjudice subi, sinon... Il a allait comprendre sa douleur.
Eleanor eut un rictus sadique. Elle avait dans sa sacoche tout un tas d'outils pointus/tranchants qu'elle pouvait chauffer à blanc en in instant. La naine ne torturait pas personnellement les gens (l'idée même de torture la répugnait), mais elle savait tout de même fabriquer ce genre d'outils, et les sortir pour effrayer un mauvais fournisseur était tout à fait dans ses cordes.

Eleanor avisa deux individus sortant du navire, des paquets dans les mains. Le premier est un jeune matelot maigrichon à la peau burinée par le soleil, rien d'extraordinaire à première vue. Le second en revanche, attire son attention. Plissant les yeux, elle l'examine attentivement. Bien qu'il agisse comme un matelot, son physique et son attitude détonnent grandement par rapport aux autres bourrins qui traînent généralement sur les navires. Son corps n'a pas les muscles secs et massifs des marins de longue date, il n'est pas bronzé, et ses vêtements, bien qu'ils se veulent passe partout, laissent transparaître un certain raffinement.

Intriguée, la petite blondinette, interpelle cet étrange duo.
- Hélà vous ! Oui vous, là, l'ado maigrichon et le gars qui se fait passer pour un marin.

La naine aurait presque envie de rire devant la réaction des deux hommes, mais elle se contient. Même si le plus âgé des deux l'intrigue, elle doit d'abord s'occuper de son commerce. Elle enchaîne donc sans attendre de réponse :
- L'un de vous aurait-il l'obligeance de me conduire à l'imbécile qui vous sert de capitaine ? J'ai quelques mots à lui dire concernant son manque de .. Ponctualité. Conclut-elle d'avec un rictus ironique. Puis elle haussa un sourcil interrogateur, attendant de savoir lequel des deux allait assister à la future déconfiture du capitaine.
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Vas Solemen
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MessageSujet: Re: L'horreur dans la cale   Sam 13 Aoû - 18:22

Vas et Denek cherchaient depuis un moment la propriétaire de la livraison, portraiturant dans leurs esprits le visage décrit sur le livret de commande. Après une bonne dizaine de minutes errant dans la foule cherchant l'identité qui soulageraient leurs dos en se délestant de leurs colis, l'attente se termina par une surprise de taille.

En effet, leurs images mentale présentaient plusieurs possibilités quant à l'apparence de cette Madame E. Verkja mais aucune ne correspondait à une naine, une naine en colère d'ailleurs. Vas et Denek contemplaient d'un regard stupide la femme de petite taille qui s'agitait. Le barde se reconnaissais comme étant le « gars qui se fait passer pour un marin », la suite de la complainte de cette E. Verkja lui donne l'idée d'une petite farce pour se venger du Second Hansen. Les deux compères rejoignent cette dame, le jeune Solemen avec confiance et s'armant du sourire du commerçant désirant plaire au client, suivi de Denek.

- Madame Verkja ? Bonjour, je me prénomme Vas et voici mon assistant Denek. Le barde observe le visage de son interlocutrice cherchant une expression d'accalmie, il poursuit sa présentation : Nous travaillons pour la compagnie maritime Solemen et nous vous prions de nous excuser du retard, provoqué sans aucun doute par le terrible choix de notre employeur, ce dernier étant malade, il s'est appuyé d'un second incompétent dont la ponctualité semble vous avoir irritée. Pour toute réclamation, veuillez vous référer au capitaine Hansen, c'est le bonhomme en train de fumer la pipe, adossé au gouvernail.

Denek dépose sa caisse aux pieds de sa propriétaire, Vas fait de même et en se penchant il s'approche plus près de l'oreille d'Eleanor.

-Cependant, le contrat signé, vous êtes soumise au paiement de la cargaison, mais ce contrat ne lie que vous et la famille Solemen, vous êtes en droit de déclarer ouvertement au capitaine de ne pas vouloir payer son pourcentage, ce qui revient pour un rôle de capitaine à environ 5% de la somme et ainsi vous donnerez l'argent directement aux Solemen, qui redistribueront cet argent aux membres de l'équipage, dont moi, qui ont travaillé si dur sous ce stupide capitaine. Je vous propose d'accepter ce pourcentage en moins comme dédommagement causé par cette...ponctualité.

Il se redresse, sentant chaque vertèbre soulagée du lest irradier une vive douleur et se retourne vers le Cerisier pour récupérer ses affaires et surtout assister à l'humiliation de son odieux chef,  qui promet des proportions épiques en admirant l'allure de la petite humanoïde qui le dépassait presque aussitôt. Il doit immédiatement parvenir à se changer et s'équiper au cas ou sa petite farce tourne au vinaigre, et surtout avoir l'air plus présentable face à la commerçante dont la détermination l'intrigue.

Il se hâte dans les dortoirs pour atteindre son hamac et ouvrir le coffret contenant ses armes et sa harpe empaquetés dans un étui de cuir. En achevant de s'habiller il entendait déjà les voix s'élever au dessus de lui, il doit faire vite et après avoir enfilé ses bottes, le barde remonte à la surface pour clouer le bec au Second Hansen qui semble déterminé à sauver sa part.
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MessageSujet: Re: L'horreur dans la cale   Ven 19 Aoû - 18:05

Amusée, Eleanor observe le prétendu marin s'armer d'un sourire digne d'un vendeur de tapis et se présenter poliment :
- Madame Verkja ? Bonjour, je me prénomme Vas et voici mon assistant Denek.

Elle constate qu'il omet volontairement son nom de famille. Intéressant. Qu'est-ce que ce Vas peut bien avoir en tête. Eleanor reste impassible, et se laisse faire, curieuse de voir quels sont les plans de cet étrange matelot. Il continue son discours :
- Nous travaillons pour la compagnie maritime Solemen et nous vous prions de nous excuser du retard, provoqué sans aucun doute par le terrible choix de notre employeur, ce dernier étant malade, il s'est appuyé d'un second incompétent dont la ponctualité semble vous avoir irritée. Pour toute réclamation, veuillez vous référer au capitaine Hansen, c'est le bonhomme en train de fumer la pipe, adossé au gouvernail.

Ahah. Il a donc quelques griefs envers ce fameux Hansen. Elle sent au ton qu'il emploie, que Vas a eu une idée pour se venger du second. Et cette idée ne tarde pas à atteindre ses oreilles lorsqu'il lui souffle en déposant sa caisse de marchandises :
- Cependant, le contrat signé, vous êtes soumise au paiement de la cargaison, mais ce contrat ne lie que vous et la famille Solemen, vous êtes en droit de déclarer ouvertement au capitaine de ne pas vouloir payer son pourcentage, ce qui revient pour un rôle de capitaine à environ 5% de la somme et ainsi vous donnerez l'argent directement aux Solemen, qui redistribueront cet argent aux membres de l'équipage, dont moi, qui ont travaillé si dur sous ce stupide capitaine. Je vous propose d'accepter ce pourcentage en moins comme dédommagement causé par cette...ponctualité.

Eleanor rit intérieurement, et un sourire malicieux pointe sur son visage. Pour connaitre de tels détails, ce Vas fait surement partie de la famille Solemen. Elle l'avait donc bien jugé en se disant qu'il avait plus l'air d'un érudit que d'un matelot. Son plan était ma foi astucieux, bien qu'il implique de l'utiliser pour arriver à ses fins. C'était une belle humiliation en perspective pour ce Hansen.
La nabote hocha la tête, et décida de l'aider. Après tout, cela servait ses propres intérêts et lui offrirait une agréable distraction. Ce n'était pas tous les jours qu'elle pouvait user de son autorité pour martyriser un commerçant.

Eleanor se dirigea donc vers le navire à grandes enjambées, dépassant rapidement Vas, qui était parti devant. Elle grimpa sur le pont  et se fraya un chemin au milieu des marins surpris jusqu'à l'individu adossé au gouvernail. Celui-ci transpirait l'orgueil à des kilometres, et Eleanor se dit qu'il était grand temps de le remettre à sa place.
Hansen ne l'a pas vue arriver, trop occupé qu'il est à faire des ronds de fumée en s'auto-congratulant de sa propre importance.. Eleanor fait donc une entrée bruyante et remarquée, en shootant violemment dans un seau, de la pointe de sa botte à bout ferré, émettant ainsi une cacophonie métallique du plus bel effet. Sous la surprise, Hansen laisse tomber sa pipe, qui roule au loin, et regarde autour de lui d'un air ahuri.

La naine ne lui laisse pas le temps de se remettre et l'apostrophe d'un ton cinglant :

- C'est vous le capitaine ?
- Que .. ?
Elle le coupe dans sa réponse d'une balayette soudaine qui le fauche et le fait tomber lourdement au sol, avec un cri de douleur, et l'attrape par le col avant de coller son visage à quelques centimètres du sien, un rictus de rage totalement sadique fixé sur son visage, l'air crépitant d'étincelles autour d'elle.
- TROIS SEMAINES DE RETARD, rugit-elle. J'espère que vous avez une bonne explication.. siffle-t-elle d'une voix froide.
Intérieurement, elle est morte de rire. Hansen à l'air littéralement sur le point de se pisser dessus. Ah il est beau le "capitaine" !
- Je compte bien retenir votre paye de la somme due à l'entreprise Solemen, puisque visiblement vous n'êtes pas foutu de tenir vos délais. J'estime que c'est le minimum compte tenu du préjudice subi, ajoute Eleanor sur un ton méprisant.
- Euh.. Je .. Je.. Balbutie Hansen, avant de se rendre compte que TOUS les marins l'observent fixement. Comme sous l'effet d'un électrochoc, il la repousse et se redresse, époussetant ses vêtements avant de lui répondre d'un ton sec :
- Je n'ai pas à me justifier. J'ai effectué mon trajet comme tout bon capitaine, et à la date prévue. Ce n'est pas de ma faute si les femmes sont incapables de retenir les bonnes dates.

Oh. Bien. Maintenant en plus du racisme habituel envers les nains, on lui balançait à la figure une bonne dose de misogynie. Réellement agacée cette fois-ci, Eleanor sent les flammèches poindre le long de ses doigts.
- Pardon ? gronde-t-elle, avec une forte envie de transformer en torche humaine cet odieux personnage.

C'est à ce moment que Vas fit son entrée dans la danse, lui arrachant un petit sourire..
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Serena Dajaren
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MessageSujet: La street cred de Serena.   Mar 23 Aoû - 17:11

Il se faisait souvent avoir, celui-ci. Elle l'avait déjà remarqué à plusieurs reprises. C'était un des individus les plus facilement identifiables pour quiconque venait régulièrement sur les quais. Il articulait les muscles de son corps avec une souplesse que l'on ne voyait guère souvent attribuée aux débardeurs littoraux. En général, à leur force s'accompagnait plus de rudesse, et des gestes abruptes. Celui-ci s'étirait avant de se pencher vers chaque chargement. L'on aurait pu croire qu'il faisait cela par intermittences, mais la peau de ses épaules et de ses bras en était rendue à peler sous le soleil de plomb estival. Puis elle l'avait vu chaque fois qu'elle s'était rendue au port.
Un peu plus loin un petit attroupement se formait devant le navire de pêche tout simple. Il allait encore se faire avoir. Elle ferma les yeux en secouant la tête, se détacha de la balustrade contre elle était adossée. Impossible de laisser passer ça une fois de plus.  Elle ajusta le pantalon qui peinait à épouser les formes de son corps affaibli par la période creuse, lissa les pans du manteau qui tombait négligemment par dessus. De la camelote qui pouvait ne faire illusion que sur les ouvriers. Et encore, uniquement ceux ne côtoyant que peu les classes bourgeoises ou nobles. Elle ramena sa besace sur le devant, pour éviter les vols.

-Vous ne faites pas une affaire.

Il releva la tête, le visage constellé de tâches de rousseur rendues foncées à force de travailler à l'extérieur. Preuve supplémentaire de son dur labeur. Il méritait davantage que la dizaine de sardines qu'il avait récupéré.

- Tout travail mérite salaire, avec les quelques pièces que vos pairs gagnent ils doivent pouvoir se payer au moins le quadruple de ce que vous avez là.

Il hocha la tête, comme s'il le savait déjà, et s'éclaircit la voix pour répondre.

- Je ne prends que ce dont j'ai besoin.

Elle dut paraître perplexe car il éclata de rire. Puis il reprit.

- Attendez, je vais vous montrer.

Il posa son équivalent de paye aux pieds de la marchande, enjamba la balustrade à laquelle elle s'était appuyée précédemment. Disparut derrière. Serena fronça les sourcils. Un chat aux longs poils roux pâle, presque blond s'avança tranquillement vers le sac. Elle avait déjà vu ça, et le dernier change-forme qu'elle avait croisé ne s'était pas révélé aussi sympathique.

- Vous pourriez voler, cela vous épargnerait des tâches ingrates.

Elle se demanda si résumer le travail de quelqu'un à « des tâches ingrates » était blessant, mais le chat resta impassible, et mangea une première sardine avant de retourner de là où il venait. Elle vit le bas des pattes se changer en pieds et mains entre deux battements de cils.

- Se contenter du minimum est nécessaire pour ne pas davantage couler la ville. Et la main d’œuvre est particulièrement recherchée en ces temps.

Curieuse elle ramassa le sac et s'approcha, c'était assez rare de trouver des individus ayant une conscience qui dépassait leur propre personne. Sa faction ainsi que sa guilde encourageaient l'entraide, mais cela se faisait souvent au prix de contreparties financières. Et dans les autres lieux où elle avait vécu, peu importe le milieu concerné, il avait toujours fallu s'enrichir. Ils reprirent le dialogue en regardant le Cerisier progresser vers le port. Serena se tendit un peu en regardant les membres de l'équipage affluer sur le pont en petites silhouettes indistinctes. Il allait falloir se montrer courtoise et polie alors qu'elle se sentait ridicule, dans cet accoutrement qu'elle avait dû emprunter à une collègue marchande de légumes. Allait-elle se faire rabrouer telle une marchande de patates ?  Il allait falloir rester calme et agréable alors qu'elle se savait amaigrie, dotée de cernes le tout complété par des traits tirés. Elle allait peut-être avoir l'air aussi aimable qu'une porte de prison avec ça.




Elle grinça des dents.
Marchande de patates, porte de prison.
C'était en partie résultat de ce retard.
Il allait surtout falloir qu'ils s'expliquent.




Sur le pont les hommes s'affairent et Piran, le change-forme, s'est fait rembarré en proposant un coup de main bénévole. Se faisant traiter de benêtvoleur par un des hommes du bateau. Serena cherche du regard une figure d'autorité, mais se perd assez vite dans le mouvement ambiant. Un bruit sourd lui permet de se focaliser sur un point précis.

- TROIS SEMAINES DE RETARD !

Elle progresse rapidement vers la source des propos, jumeaux à ceux qu'ose hurler la voix de sa conscience.  Elle se stoppe dès qu'elle les aperçoit. Est-ce cette chose apeurée qui sert de capitaine à ce navire ? Une vague de solidarité l'envahit lorsqu'elle s'attarde sur l'autre parti, une femme qu'elle ne peut juger qu’impressionnante.


- Je compte bien retenir votre paye de la somme due à l'entreprise Solemen, puisque visiblement vous n'êtes pas foutu de tenir vos délais. J'estime que c'est le minimum compte tenu du préjudice subi.
- Euh.. Je .. Je..


Vous, vous.. vous n'avez déjà plus rien à dire, complète mentalement Serena. Elle se sent aussi investie que lors des conflits à la taverne, et remarque durant ce temps de battement que la femme est une naine. Surprise, elle hausse les épaules, les non-humains sont décidément admirables aujourd'hui.

- Je n'ai pas à me justifier. J'ai effectué mon trajet comme tout bon capitaine, et à la date prévue. Ce n'est pas de ma faute si les femmes sont incapables de retenir les bonnes dates.

Après avoir roulé les yeux au point d'en voir l'intérieur de sa boîte crânienne, Serena s'avance encore.

- Pardon ? 

Elle se place face au capitaine, bousculant quelqu'un au passage. L'hybride baisse la tête en guise d'excuse puis prend la parole.

- Voyons, ce n'est pas ainsi que l'on accueille un homme, en notre splendide cité.

Elle adresse un sourire à la naine, puis se retourne vers ce simulacre d'autorité, reprenant d'une voix aussi douce que possible.

- De surcroît, il est bien connu que nous autres, à Aeoris, ne souffrons en aucun cas des retards de livraison. Ah, ah, vous devez bien vous douter qu'en réalité nous faisons importer uniquement par plaisir, pour comparer nos matériaux aux vôtres. Ce n'est qu'envie d'exotisme, bien sûr ! Ce n'est pas comme si les marchands et artisans pouvaient souffrir d'un retard... Nous croulons sous l'or ici !

Son ton monte graduellement et la verve de la marchande semble faire effet. Du moins telle est son impression.

- Il est vrai qu'un grand gaillard comme vous doit savoir ce qu'il fait. Il faut probablement ménager votre force. Vous savez ce que vous faites. Après tout n'êtes vous pas le capitaine ici ? Ces reproches, ah, nous marchons sur la tête n'est-ce pas ?

Elle s'interrompt à peine, et augmente encore le volume, de sorte à ce qu'une bonne partie de l'équipage l'entende. Sans artifice sa voix apparaît ferme. Et plus froide. Le débit verbeux, lui, reste le même, occupant tout l'espace, assiégeant l'opposant.

- Trêve d'âneries. Ecoutez, je ne vous dirai pas comment faire votre métier, mais ne nous reprochez pas de faire le nôtre. Inutile d'essayer de paraître meilleur auprès de vos matelots, vous ayant côtoyé durant tout le trajet ils vous ont sûrement mieux cerné que nous.

Elle ouvre sa besace, ne lâchant pas le capitaine du regard.

- Mais enfin... c'est grotes-
- Attendez...


Il aimerait pouvoir en placer une. Forcément frustré de l'injustice, puisqu'il en est la victime.

- Attendez.

Ton sec et implacable, elle poursuit, tout en fouillant son sac, du pur remplissage:

- Il me semble pourtant avoir déjà eu à faire affaires avec la compagnie Solemen, lorsque mon compère récupérait le chargement il n'y avait pas autant de problèmes. Par ailleurs, selon le contrat le capitaine ne s'engageait-il pas à justifier le moindre retard et présenter ses excuses aux personnes lésées ? Sans même aller jusqu'à vous demander de faire preuve de bon sens, il suffit de s'arrêter à un papier. Vous nous devez explications ET excuses.

Elle gagne un peu de temps et profite d'une autre pensée qui lui traverse l'esprit.

- Je ne pense pas retrancher votre salaire à la somme due, la dernière fois que j'ai négocié une baisse de prix pour faute, les subalternes furent les plus touchés. Et...

C'est bon, elle sort la feuille de parchemin roulée.

- C'est ma copie du contrat. Habituellement cela me permet de recadrer ceux qui aiment grossir les prix. Pour vérifier une date cependant c'est une nouveauté. Je vous ferais bien l'affront de vous en lire les termes mais...

Elle jette un œil aux alentours. Le capitaine commence une phrase qu'elle ignore. Elle fixe celui qu'elle a poussé, pose sa main sur son épaule et pousse même le vice jusqu'à sourire chaleureusement. Puis remploie ses cordes vocales.

- Vous. Je suppose qu'en ma capacité de femme je n'ai pas celles nécessaires pour authentifier ce document. Auriez-vous l'amabilité de m'aider ?

La réplique misogyne était probablement ce qui avait poussé Serena à rétorquer aussi longuement. Tout de même, oser s'exprimer ainsi, pense-t-elle, ça dépasse l'entendement.
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Vas Solemen
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MessageSujet: Re: L'horreur dans la cale   Mar 27 Sep - 21:16

L'entrée triomphante du barde se retarde lors de l'arrivée d'une étrange jeune femme qui l'a bousculé dans un élan pour rejoindre les plaintes de la naine. Cette fille est habillée cependant moins noblement, ressemblant plutôt à une marchande de patates douces. Mis de côté, Vas pu observer lors du pas assuré de la femme une cicatrice sur un coin de sa lèvre qui se terminait sur sa clavicule. Une griffure, qui s'ajoute à la silhouette famélique en habits de travail. Cette étrangère semble ne pas avoir mangé à sa faim depuis un moment. Pense-t-il. Cependant l'assurance émanant de ce corps percute l'esprit du jeune homme, elle s'engageait dans une tirade, documents en main, elle connaît la compagnie, ce n'est pas son premier partenariat...

Vas est heureux de pouvoir emmagasiner tous ces détails malgré l'effet de froid et de stupeur, afin de mieux dessiner le portrait de cette protagoniste à la cicatrice. Admirant la notification de la baisse de salaire générale des subalternes qui ne faisaient qu'obéir aux ordres d'un chef teigneux

Hors de la trappe sort l'étrange voyageur. Les regards se tournent vers Vas, la naine ne reconnaît plus le matelot qu'elle a rencontré tout à l'heure, devant elle se dresse un individu de rang noble, mais honorable.

Il s'avance vers le groupe hétéroclite et s'infiltre dans la conversation :

- Qu'est-ce que j'entends Hansen, vous engagez une négociation avec ces clientes sans vous référer à moi ? Vas hoche la tête et enjambe la foule pour briser la distance de dialogue et imposer son regard à travers les rétines du Second. Votre comportement, je l'ai supporté assez longtemps et aujourd'hui, sous les yeux de tout l'équipage vous daignez effacer votre responsabilité dans ce retard pour sauver votre bourse. Ce témoignage me donne assez de preuves pour valider le paraphe correspondant au retrait de votre salaire pour les réparations ! Imaginez qu'en arrivant au port nous rapportons des denrées périmées !

A ces mots, un bruit lourd d'une porte en bois s'ouvrant et martelant violemment  le mur auquel ses battants étaient rattachés orienta toute la troupe vers la source de ce tintamarre. De la bouche sombre de la cale émerge un matelot tout en sueur et rouge. Ce dernier rassemble ses dernières forces pour crier :

-Aux armes, une caisse a explosé et... un truc est sorti ! Une caisse d’œufs !

Dans l'obscurité, une tentacule rose chair fouetta violemment les airs, propulsant le marin par dessus bord. Propulsé comme un élastique, le propriétaire de cet appendice visqueux surgit de la cale pour s'adhérer au mat principal du navire. Vas et ses compagnons, ses employés, Hansen et les riverains découvrent l'horreur qui reposait dans la cale. Un Zeugl, une espèce des fonds marins à l'apparence fort déplaisante, en effet, un simple pêcheur peut comparer cette créature au fruit d'un rapport incestueux entre une pieuvre et un requin, le corps de la mère et les dents de son père. Selon les derniers mots du marin, qui en ce moment cherche à nager aussi vite pour s'éloigner du navire maudit, la bête vivait dans une caisse d'oeufs. A cette réflexion, Vas ne pu s'empêcher de terminer sa tirade à Hansen par une conclusion manqué de finesse.

- Et merde, une denrée périmée justement !
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MessageSujet: Re: L'horreur dans la cale   Mer 5 Oct - 10:45

Eleanor écoutait la grande tirade de Serena, la regardant houspiller le type avec délectation. Elle ne connaissait pas très bien la jeune femme, mais lui avait déjà acheté quelques ressources, la jeune hybride tenant l'un des rares étales où la nabote pouvait trouver les quelques vêtements nains qu'elle n'avait pas le temps de coudre elle-même. Là, Serena venait de gagner un peu plus de respect aux yeux de la naine, qui se promit de l'inviter à boire un verre un peu plus tard.

C'est alors que Serena collait son contrat sur la figure de Hansen, que Vas refit son apparition, tellement transfiguré qu'Eleanor faillit ne pas le reconnaître. Elle haussa un sourcil surpris et s'écarta légèrement pour le laisser passer, le détaillant rapidement. Sa nouvelle apparence confirmait ses soupçons. Vas, parfaitement propre sur lui et bien coiffé, avait troqué son déguisement de matelot mal dégrossi contre les vêtements ouvragés d'un noble de bonne famille, un petit blason de la famille Solemen discrètement inclus dans le tissus brodé de sa veste. Eleanor comprenait mieux pourquoi il l'avait envoyé marchander avec cet escroc d'Hansen, et elle ricana. En revanche, elle se demandait bien pourquoi il avait voyagé incognito, et épingla une note mentale dans un coin de sa tête, une petite enquête ne lui ferait pas de mal.

La nabote observa donc avec un sourire sournois Vas entrer dans la danse, étalant son véritable statut social au grand jour d'un ton cinglant :

- Qu'est-ce que j'entends Hansen, vous engagez une négociation avec ces clientes sans vous référer à moi ? Votre comportement, je l'ai supporté assez longtemps et aujourd'hui, sous les yeux de tout l'équipage vous daignez effacer votre responsabilité dans ce retard pour sauver votre bourse. Ce témoignage me donne assez de preuves pour valider le paraphe correspondant au retrait de votre salaire pour les réparations ! Imaginez qu'en arrivant au port nous rapportons des denrées périmées !

Eleanor hochait la tête avec satisfaction lorsqu'un bruit sourd suivit d'un cri la fit se retourner, sa magie s'activant instinctivement, tandis qu'un matelot terrorisé surgissait de la cale en hurlant :
- Aux armes, une caisse a explosé et... un truc est sorti ! Une caisse d’œufs !

L'élémentaliste passa en posture de combat en un instant, écartant vivement Serena de la trajectoire d'un immonde tentacule rose, qui heurta le pauvre marin, l'envoyant valser dans le port, et regarda avec un dégoût prononcé le monstre marin s'extirper de la cale, son juron faisant écho avec celui de Vas :
- Et merde, une denrée périmée justement !

Eleanor tâtonna dans son dos à la recherche de la double poignée de son épée enchantée, avant de se rappeler avec frustration qu'elle l'avait laissée à son atelier. Lâchant une bordée de jurons naniques très élaborés, elle dut se résoudre à utiliser une lame un peu moins pratique. Glissant une main sous sa jupe, elle extirpa d'un harnachement complexe une dague couverte de rune, qui se mit à luire au contact de la magie qui crépitait au bout de ses doigts. Tant pis pour la discrétion, à défaut de découper la bête facilement, elle allait devoir mettre le paquet sur les effets pyrotechniques !
Le bras droit de la guilde des mages rugit de sa voix de commandement la plus puissante :

- Évacuez le navire ! VITE ! Je dois cramer ce Zeugl avant qu'il ne se jette dans le port sinon on est tous foutus !

Puis, abandonnant toute cérémonie pour un déferlement de magie, elle enflamma sa lame et trancha férocement un tentacule inquisiteur, répendant ainsi une odeur de Takoyaki particulièrement incongrue, et attirant sur leur petit groupe l'attention du monstre..
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Serena Dajaren
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MessageSujet: Re: L'horreur dans la cale   Ven 28 Oct - 12:30

Serena plissa légèrement les yeux au discours d'un autre homme qui s'était approché. Elle écouta ses propos avec attention, mais ne se gêna pas pour le détailler du regard. Non, elle ne le connaissait pas, ne l'avait jamais vu. De plus, par oubli ou volonté, il n'avait dit son nom. L'identité était pourtant primordiale dans les échanges marchands, pour assurer la traçabilité tout d'abord, et par mesure de politesse également. Après, avec un peu de bonne volonté, elle devait bien admettre que sa prestance et ses vêtements parlaient pour lui, Solemen, ou représentant. Le responsable. Celui qui n'avait peut-être même pas entendu son monologue -dont elle était fière, après coup. Ceci dit, peut-être qu'elle n'aurait pas à user de parades avec cet individu. Il avait l'air plus raisonnable.

Elle n'eut pas le temps de vérifier ses observations que le problème survint. Évidemment, ce chargement spécifique, ainsi que le fait qu'il ait trois semaines de retard, cela ne constituait pas un problème suffisant, il fallait un fracas, il fallait des cris, de la panique. Elle rangea son contrat précipitamment et faillit se faire tuer par l'animal, se faire expulser du navire, sauvée de justesse par celle qu'elle reconnaissait enfin comme une possible collègue. Collègue ou cliente, peut-être même juste une passante de ceux qui coupaient la ville par le marché. Cela importait peu, c'était quelqu'un avec qui elle devrait partager une bonne bouteille de liqueur, pour cet acte héroïque.

Elle ne comprenait déjà plus, l'animal provenait d'une caisse d’œufs, en avait-il dévoré le contenu pour survivre, était-il issu de ceux-ci ? Auquel cas on pourrait se demander si il n'y en avait pas d'autres. Et s'il n'était pas du coup un organisme génétiquement modifié, un monstre magiquement structuré, ce qui expliquerait la taille imposante bien qu'il proviendrait de la caisse d’œufs. Mais ce n'était peut-être le cas, et Serena n'allait attirer que la malchance à y penser. Il n'empêche que dans ses élucubrations, elle ne pouvait se résoudre à qualifier l'être de denrée périmé. Non, dans cet ersatz de bras, vif et imprécis, dans cette chair rosée on trouvait toute la fraîcheur d'un produit en voie de maturation.

Elle ne fit pas attention au sourire qui investissait son visage, tout à fait déplacé. Peut-être que le fait d'avoir eu un collègue qui s'occupait exclusivement de monstres l'avait changée irrémédiablement. Ce dernier avait cependant péri la semaine dernière, contaminé par une de ses bêtes malades. Peut-être que la caisse d’œufs se trouvait dans le Cerisier à sa demande. Même mort, il lui adressait un petit signe, quel bon ami... Trêve d'idioties.

Serena fourragea dans son sac à nouveau, extirpa les deux dagues que contenait la besace, et en relevant la tête se demanda si ça n'allait pas seulement servir de cure-dents au monstre. Était-ce celui qu'on nommait les dents de la mer ? Il en semblait rudement proche de la description faite : laid, dangereux, avec des dents. Comme beaucoup de monstres, en fin de compte. Qui, malgré ces caractéristiques ineffables parvenaient tout de même à surprendre.

Elle tenta de rester attentive aux mouvements de l'étrange protostomien qui prenait ses marques.

- Évacuez le navire ! VITE ! Je dois cramer ce Zeugl avant qu'il ne se jette dans le port sinon on est tous foutus !

Sous l'impératif très convaincant elle faillit suivre le mouvement, quitter le bateau. Sous la douleur le... Zeugl ? Était-ce seulement un nom et non une insulte nanique ? Qu'importe, le Zeugl envoya des tentacules en renfort, pour les repousser. Serena eut à peine le temps de crier « Attention » qu'il fallut esquiver. Elle essaya tout de même d'imiter sa semblable et trancha dans le tentacule le plus proche, mais n'obtint pas le même résultat, sa lame resta plantée dans l'épiderme étranger et visqueux.  Elle s'aida de l'autre dague pour retirer la première et parvint à les récupérer juste à temps pour se faire balayer. Cette fois-ci sans aucun protecteur pour l'aider, la marchande eut la chance de ne pas être projetée avec la même force que le marin, et d'ainsi rester sur le pont.

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MessageSujet: Re: L'horreur dans la cale   Dim 15 Jan - 14:46

Les dagues dégainées, Vas saisit les priorités, premièrement il interpelle la naine qui projette de griller l'étrange créature marine qui semble capable de se mouvoir aussi bien à la surface que dans ses profondeurs natale.

- Tâchez de ne pas brûler mon navire avec ! Les frais seront à vous !

Il aperçu aussi la désertion subite de Hansen qui semble introuvable dans le chaos régnant sur le pont. Il admira la noble intention de la deuxième marchande, qui d'une rapide initiative, annonça l'arrivée d'une tentacule fondant sur le groupe, en se baissant il pu sentir l'air fendu par le membre visqueux de l'animal. Vas se redresse ensuite pour constater avec effroi que la jeune samaritaine reçu une violente gifle du zeugl, frustré d'avoir manqué son coup. Pas bon pour les affaires pense le barde.

D'un bon, il saute au dessus d'une tentacule propulsée en piqué par le monstre, roule entre des barriques et rejoint la femme, une évaluation des blessures demande trop de temps et s'efforce à la relever et la mettre à l'abri des yeux globuleux de la pieuvre derrière des caisses.
Il salue le courage de ses hommes qui ont distrait le zeugl avec leurs fusils, le claquement des mousquets et la fumée dégagée par ces engins de mort ont remit l'ordre des priorités à l'animal.
En se relevant il constate que sa chance innée ne lui a pas manqué car ces barriques servent de râtelier d'armes. Il se saisit d'un pistolet et tendit un exemplaire à sa partenaire, en priant intérieurement que le projectile n'atterrisse pas malencontreusement dans son fondement.

Ce moment de répit s'est interrompu quand le céphalopode géant, se lassant du manque de défi qu'étaient la rangée de fusiliers, abattit deux attaques, perforant dans le coeur du bateau. Des cris pouvaient être entendus dans la cale pendant que les tentacules sondaient le navire.
- Il y en a marre, c'est l'heure d'envoyer cette aberration par le fond !
Se fondant dans la masse des marins, appuyés par la garde envoyés sur le port, il rejoignit la naine pour lui transmettre son plan :

- Attirez moi ce machin près des canons je prends des hommes pour les charger et une fois que vous l'aurez décroché du mât nous feront un tir de barrage en direction de la mer, ça devrait pouvoir le déchiqueter ou au moins le propulser loin de la population !

Sans même attendre un commentaire il saisit trois combattants dont l'un était le jeune Denek. Répétant son idée, le groupe s'assure que la créature les ait oubliés avant d'entrer discrètement dans la cabine du capitaine pour s'infiltrer dans une trappe menant à la galerie de canons.
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