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 Réveil difficile [RP solo]

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Kaltaïs Thra
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MessageSujet: Réveil difficile [RP solo]   Jeu 2 Mar - 22:48

NB : ce RP sera étalé sur plusieurs messages à cause de sa longueur.


Depuis que Kaltaïs était rentrée de la taverne où elle avait rencontré Aliah, la journée s’était déroulée sans heurt. Elle avait ouvert la boutique, et n’avait pas pu s’accorder la fermeture prématurée sur laquelle elle comptait pour rattraper le sommeil de la veille : de rares clients avaient entravé son après-midi. Heureusement la nuit venait de tomber, ce qui était implicitement synonyme d’extinction des feux dans son quartier. Que voulez-vous, un quartier rempli de vieilles humaines plus ou moins agréables…Kaltaïs leur était plutôt reconnaissante en ce jour : leur réglementation arbitraire lui permettrait dans quelques minutes de plonger tête la première dans un oreiller moelleux (qui finirait sûrement la nuit à l’autre extrémité du lit, mais passons). Dodo, enfin ! Elle verrouilla le rez-de-chaussée et s’assura que Rodi, le petit hérisson qui partageait son logis, aurait de quoi grignoter pendant qu’elle dormirait ; puis, bougie à la main, elle commença à monter l’escalier vers son appartement.
Mais les dieux semblaient s’acharner contre elle cette semaine. Bonne déduction cher lecteur, quelqu’un frappa à la porte.

-Revenez demain, la boutique est fermée, grommela-t-elle assez fort pour qu’on l’entende de l’autre côté de la porte.

Mais, alors qu’elle allait reprendre son ascension, le visiteur répéta son geste. Kaltaïs demeura immobile, en hésitant. Que pouvait-on bien lui vouloir à cette heure tardive ? Si l’importun insistait, c’est soit qu’il était borné, soit qu’il ne venait pas pour des plantes. Peut-être devrait-elle aller voir… ? D’un autre côté, elle était fatiguée, son attention émoussée ; si l’individu lui voulait du mal elle ne serait pas en état de se défendre correctement. Dans le cas contraire, se présenter aussi tard chez quelqu’un était presque grossier et c'était largement suffisant comme excuse pour ne pas ouvrir. En toute franchise, l’appel de l’oreiller était trop fort pour qu’elle daigne faire l’effort de redescendre les quelques marches qu’elle avait gravies…

-Ouvre-moi, s’il te plaît.

Le ton était paniqué, agacé et las, la voix masculine et familière. La langue, de l’elfique.
Elrand.

Kaltaïs courut presque jusqu’au verrou et laissa entrer la grande figure encapuchonnée qui se tenait sur le perron. A peine la porte de nouveau cadenassée elle se jeta au cou de son frère pour une brève étreinte, qui fut rendue avec beaucoup de transports.

-Ely, tout va bien ?

Elle connaissait déjà la réponse : non, il y avait un problème, autrement il n’aurait pas pris autant de risques pour venir la voir, qui plus est en laissant Areil, seule et souffrante, dans une forêt de Lolness réputée pour sa dangerosité. Si ces déductions n’étaient pas suffisantes, un coup d’œil sur son visage en aurait fait comprendre tout autant. On aurait dit que lui aussi avait du sommeil à rattraper, et aux cernes s’ajoutaient un front ridé par le tracas. Kaltaïs n’avait jamais vu son frère dans un pareil état de stress. Quoi qu’il se soit passé depuis leur dernière entrevue, c’était suffisant pour aggraver cette situation déjà préoccupante. Kaltaïs déglutit en prévision de ce qu’elle allait apprendre. Elle détestait voir son frère aussi mal en point, ce petit frère que sa jumelle et elle-même auraient voulu protéger à n’importe quel prix. Il avait presque l’air sonné en répondant.

-L’état d’Areil empire. J’ai l’impression que tes somnifères ne font qu’aggraver les symptômes et je ne sais pas quoi faire…

Kaltaïs fut attristée mais peu surprise d’entendre parler d’effets secondaires. Il n’était pas rare que les cachets qu’elle avait donnés à Areil en provoquent. Elle était consciente des risques lorsqu’elle les avait confiés à son frère, mais n’en avait pas tenu compte car ce qu’Elrand avait décrit de l’état d’Areil justifiait l’emploi du remède le plus efficace ; maintenant ils allaient devoir faire sans. Lorsqu’elle n’était pas bien assimilée, cette plante pouvait laisser des séquelles permanentes, et ce même lors d’un usage à court terme. Elrand avait des raisons de s’inquiéter : la liste des effets secondaires incluait perte d’énergie, épisodes de perte d’audition et de vision qui étaient souvent source de panique, apathie…s’ajoutaient en prime perte d’appétit, teint cadavérique, peau desséchée et autres réjouissances, dont une dégénérescence des organes internes. Il fallait arrêter le traitement immédiatement, deux semaines de plus et les handicaps deviendraient intraitables. Mais il faudrait aussi trouver une solution de rechange ; et si Areil réagissait mal à ce remède, rien ne disait qu’elle supporterait bien les autres. Kaltaïs sentait l’état de son frère devenir contagieux.

-Kal’ ? s’enquit-il, le regard rempli d’effroi. Si tu tires cette tronche pour me faire marcher c’est pas drôle.

-C’est pas censé l’être…ça ne fait pas assez longtemps qu’elle prend les somnifères pour que les effets secondaires soient permanents, mais il faut absolument qu’elle arrête de les prendre.

-Merci, j’aurais pas pu le deviner seul, ironisa-t-il tristement avant de sortir le flacon de somnifères de sa poche et de les rendre à sa sœur. Vu l’état dans lequel elle est j’ai préféré les garder sur moi. Je ne suis même pas certain qu’elle m’écoute quand je lui parle, elle en aurait repris à coup sûr.

Kaltaïs rangea le flacon dans sa sacoche médicinale en essayant de garder l’esprit clair pour trouver un plan B, mais sans réussir à ignorer le pincement au cœur qui la prit en entendant ce que venait de lui dire son frère. Elle peinait à imaginer la princesse dans un tel état soit de débilité, soit de désespoir qu’elle agirait à l’encontre du sens commun : elle était toujours si sage et raisonnée…qu’elle ait besoin d’être surveillée pour éviter qu’elle se fasse du mal à elle-même...du moins, qu’elle se fasse du mal de cette manière. Kaltaïs ne serait aucunement surprise qu’Areil cherche à s’auto-flageller d’après ce qu’Elrand lui avait raconté, mais elle ne le ferait jamais souffrir sciemment.
En tout cas, la tâche allait être ardue : elle était à court d’oltaciace, la morphéline ne serait pas assez efficace…de la sève d’onirys peut-être ? Son frère la coupa dans sa réflexion.

-Dis-moi qu’on peut y faire quelque chose, je t’en prie, implora-t-il.

Sa voix brisée et ses yeux humides fendirent le cœur de Kaltaïs. Elle le prit dans ses bras, espérant lui apporter un peu de réconfort. Il devait se sentir si seul ces derniers temps…il supportait très mal l’isolement émotionnel en temps normal, et avec tout ce qui s’était passé elle savait qu’il avait besoin de craquer. Elle se doutait qu’il essayait de rester fort devant Areil, même si cette dernière ne s’en rendait pas vraiment compte. C’était probablement ce qui était le plus douloureux : d’être physiquement juste à côté d’elle, mais de ne pas pouvoir l’atteindre ou l’aider. D’être complètement impuissant face à la détresse et de la dégénérescence de la personne pour lequel il serait prêt à donner sa vie.
Il sanglotait, en serrant sa sœur avec force. Les larmes qu’il avait jusqu’alors retenues tombèrent sur les épaules de Kaltaïs ; et les questions et les mots qu’il n’avait pas osé prononcer sortirent sous formes de murmures mourants, des « pourquoi » et des élégies sans réponses. Les joues de Kaltaïs aussi s’humidifièrent, sous l’effet de la compassion et de la douleur partagée, peut-être de ses propres craintes s’y mêlant. Ils restèrent blottis l’un contre l’autre un moment. C’était assez pour que Kaltaïs réfléchisse à ce qu’elle allait faire. Dire adieu à son lit allait de soi ; même si elle avait décidé de rester ici, elle n’aurait pas réussi à trouver le sommeil après cette visite. La question portait sur la manière de soigner Areil, et combien de temps elle pourrait se permettre de ne pas être à Aeoris avant que quelqu’un s’en rende compte. Elle estimait qu’une journée serait le maximum…et espérait que ce serait suffisant.

-Est-ce que tu veux une tasse de thé avant qu’on y aille ? proposa-t-elle d’une voix douce quand elle commença à le sentir plus serein.

-Merci Kal’… répondit-il en relâchant la tension dans ses bras et la laissant s’éloigner.

Un sourire espiègle un peu triste aux lèvres, Kaltaïs lui pinça une joue pour l’inciter à reprendre du poil de la bête. Il s’essuya les yeux et rétorqua d’un coup de coude dans le bras. Une fois montés dans ses pièces à vivre, Kaltaïs l’invita à s’asseoir et regarda ce qu’elle avait dans sa sacoche de remèdes pendant que l’eau chauffait. Elle avait bien d’autres somnifères, là-dessus pas de problème, mais pour les autres symptômes du mal dont souffrait Areil c’était autre chose…celui qu’elle avait donné les soignait tous ; les autres flacons de sa sacoche pouvaient n’agir que sur quelques dysfonctionnements à la fois…il allait falloir qu’elle ausculte Areil pour savoir quoi faire, quels symptômes méritaient le plus son attention. Mais pour l’ausculter il faudrait qu’elle soit suffisamment éveillée, sous peine d’aggraver le mal de « la Miss », comme l’appelait un certain Thra. L’alchimiste allait avoir besoin de plus que de poudre d’arga pour être opérationnelle, cette fois-ci…sans oublier des anti-douleurs : une crise musculaire ne manquerait pas d’alarmer un peu plus son frère. Or qui dit antalgique puissant dit esprit embrumé. Il allait falloir qu’elle se fasse plusieurs injections si elle voulait être alerte malgré tout. Ces piqûres lui valurent un regard perplexe de son frère. Elle omit de mentionner les douleurs chroniques dans ses explications, ne parlant que du manque de sommeil. Il sembla satisfait par la justification. Suite à ces préparatifs ils burent leur tasse de thé en silence : Kaltaïs n’osait pas changer de sujet, car à en voir son regard mélancolique ç’aurait été vain. Quelques minutes et portes verrouillées plus tard ils étaient hors d’Aeoris, chacun sur un cheval au galop. Celui d’Elrand était fatigué à cause de l’aller : Kaltaïs ralentit un peu pour ne pas distancer son frère. Bien qu’elle eût pu retrouver le manoir seule, la forêt était trop dangereuse pour qu’ils se séparent. Elrand avait rendu son arc à sa sœur le temps du trajet…mais dans la pénombre l’arc n’était pas l’arme la plus recommandée. Quant à Elrand, Kaltaïs savait qu’avec la fatigue il était vulnérable, pour tout guerrier accompli qu’il était, et sa claymore n’était pas l’arme la plus maniable en cas d’attaque surprise. Par chance aucun obstacle ne se présenta à eux au cours du trajet, et ce malgré les nombreuses crises cardiaques que Kaltaïs eut l’impression d’avoir à chaque bruissement des feuillages alentours.
Lorsqu’ils arrivèrent devant le manoir abandonné qui servait de refuge à Areil et Elrand il n’était pas encore minuit. Kaltaïs ne put s’empêcher de frissonner en s’approchant du lieu : il y avait vraiment une ambiance malsaine qui se dégageait de la demeure de deux étages, à peine discernable dans la masse obscure du feuillage des conifères alentours. Si Elrand prêtait encore attention à l’atmosphère lugubre qui régnait en ce lieu il ne le laissa pas paraître, et se dépêcha d’enfermer son cheval dans les box étroits prévus à cet effet par l’ancien propriétaire. Son aînée l’imita, en plaignant silencieusement les deux destriers. Il n’y avait pas d’autre option pour les protéger des prédateurs qui rôdaient dans la forêt, mais ces écuries étaient vraiment minuscules...la même réflexion avait dû traverser l’esprit d’Elrand, car il jeta un dernier coup d’œil vers les montures exténuées en soupirant tandis qu’il se dirigeait vers l’entrée. Lui qui avait toujours eu une grande affinité avec les animaux…Kaltaïs lui tapota l’épaule tandis qu’ils montaient les marches du perron.

-J’espère qu’il ne lui est rien arrivé en mon absence…marmonna Elrand tristement avant de tourner la poignée.

Ils entrèrent.

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Dernière édition par Kaltaïs Thra le Jeu 30 Mar - 22:49, édité 7 fois
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Kaltaïs Thra
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MessageSujet: Re: Réveil difficile [RP solo]   Ven 10 Mar - 1:19

Le vestibule était étroit et poussiéreux, mais bénéficiait de l’éclairage tamisé du salon et de la chaleur diffusée par la cheminée. Elrand avait dû l’allumer avant de partir, et par chance les bûches ne s’étaient pas entièrement consumées. Directement en face de l’entrée se trouvait un escalier plongé dans l’obscurité et dont la solidité avait l’air douteuse. En face de la salle de séjour se tenait une porte fermée qui menait vers ce que Kaltaïs devinait être la bibliothèque, en se fiant à ses souvenirs de son dernier passage. La cuisine était invisible de l’entrée, mais on la savait attenante à la salle à manger, elle-même concomitante de la seule pièce présentant un semblant de vie en cette nuit d’hiver. Les chambres et salles de bain étaient à l’étage. La majorité de ces dernières était inutilisable : Elrand n’aurait probablement arrangé que le strict nécessaire, et encore. Areil pourrait avoir insisté pour nettoyer le reste s’ils avaient tous deux été en état de le faire, mais dans les conditions actuelles le plus gros de l’étage devait être inexploré. Malgré tout, il n’y avait pas tant d’aménagements à faire dans la demeure : les murs et les fondations étaient solides, aucune fenêtre n’était brisée, les meubles étaient en bon état. A en juger par la tenue d’Elrand il devait même y avoir des vêtements propres dans les placards. Quant à l’eau pour la cuisine et la toilette, on pouvait apercevoir un ruisseau d’une des fenêtres de l’étage lorsque la pluie ne suffisait pas à remplir le réservoir, avait-elle remarqué lorsqu’elle était au chevet de sa sœur après l’embuscade. Somme toute, tout ce qu’il manquait à cette demeure c’était l’hospitalité.
Elrand verrouilla la porte derrière sa sœur et accrocha sa cape au mur avant de se diriger vers le salon. Pendant qu’il remettait du bois dans l’âtre, Kaltaïs se rapprocha de l’escalier.

-Elle est dans sa chambre ? demanda-t-elle du seuil de la salle de séjour.

Elrand opina sans grande conviction et fit signe d’attendre un peu. Quelques secondes lui suffirent pour achever sa besogne et accompagner l’invitée vers la malade. Ils s’arrêtèrent devant une des premières portes du couloir de l’étage. Elrand frappa et s’enquit d’une voix douce et hésitante :

-Areil ? C’est moi. Je suis allé chercher Kaltaïs, on peut entrer ?

La réponse tarda à venir, mais on pouvait entendre une voix cherchant ses mots venir de la chambre.

-C’est…c’est ouvert.

Kaltaïs fut stupéfaite par le manque d’assurance de la princesse, Elrand se contenta de froncer les sourcils en ouvrant la porte.
La pièce était dans la pénombre, éclairée par une bougie esseulée posée sur la commode. L’ameublement était à la fois sobre et élégant. L’ancien habitant, qui qu’il fut, avait eu bon goût, ou du moins suffisamment bon pour rendre agréable ce qui avait dû être une chambre d’ami. Il n’y avait qu’une fenêtre, située en face de la porte, mais elle était large et haute, un peu avancée, ce qui agrandissait l’espace en apparence étriqué, du point de vue des nouveaux arrivants. Une porte donnait à gauche vers une salle de bain. Le lit à baldaquin, dont les rideaux venaient d’être maladroitement tirés pour laisser passer la lumière, était ce qui attirait le plus le regard ; sa tête était adossée contre le mur de droite. Quant à Areil, elle était toujours en train d’essayer d’arranger les voilages quand les deux Thra entrèrent.

-Bonsoir lady Thra, dit-elle poliment mais faiblement à Kaltaïs.

Bien que ses yeux soient orientés dans la bonne direction, son regard était perdu dans le vague : si elle voyait quoi que ce soit, elle regardait à travers eux. Ce n’était malheureusement pas là l’élément le plus alarmant de son aspect…tout ce qui la rendait si particulière physiquement en temps normal lui donnait l’aspect d’un mort dans la maladie. Les fines marbrures qui se laissaient deviner sous sa peau semblaient des craquelures en contraste avec la pâleur de son teint ; son épiderme avait l’air desséché, tout comme ses lèvres qui tiraient désormais sur le bleu. Même le nacre de ses cheveux n’avait pas été épargné : il avait perdu, dans le désordre d’une tresse qui devait dater de plusieurs jours, tout son éclat. Son visage tout en douces rondeurs s’était creusé sous ses pommettes, que décoraient des cernes trop marquées pour quelqu’un sous somnifères. Kaltaïs n’osait pas se demander quels autres dégâts la chemise trop large qu’elle avait boutonnée jusqu’en haut masquait. Mais ce que Kaltaïs ressentit, par-dessus tout, était la tristesse et l’appréhension qui émanaient d’elle. Elle n’arrivait pas vraiment à déterminer d’où lui venait cette impression- la manière dont la princesse était assise ? Les tremblements dans ses mains ?-, toutefois cette impression la plongea dans la confusion.

-Bonsoir votre Altesse, répondit-elle en jetant un coup d’œil vers Elrand. Mon frère m’a dit que vous étiez souffrante, et que les remèdes que je vous avais prescrits n’avaient fait qu’empirer la situation. Permettez-vous que je vous ausculte ?

Elrand n’avait pas remarqué le regard interrogateur que lui avait jeté Kaltaïs. Il avait les yeux rivés sur Areil, mais n’avait aucunement l’air interloqué. Son front ne s’était pas déridé, mais qu’il soit songeur ou inquiet Kaltaïs ne pouvait le déterminer. Kaltaïs doutait qu’il se soit rendu compte, dans sa fatigue et sa tendance à ne pas faire attention aux détails, de l’incongruité du langage corporel d’Areil.

-Je vous remercie de votre sollicitude ; allez-y, je vous prie.

C’était subtil, mais en entendant la réponse d’Areil Kaltaïs en fut convaincue : la princesse était plus alerte que ce qu’Elrand l’avait décrite. Dopée comme elle l’était, Kaltaïs pouvait percevoir ce qui avait échappé à Elrand, ce qui échappait peut être même à Areil elle-même…c’était avec panique et résignation que la princesse avait dit ces mots.
La première réaction de l’elfe fut d’y voir un signe favorable : si Areil n’était pas apathique, c’était que la décision d’Elrand de lui confisquer les somnifères commençait déjà à porter ses fruits, et que certains effets indésirables s’étaient estompés pendant l’absence de son compagnon. La fourchette était même encourageante : son frère lui avait dit avoir récupéré les somnifères la veille, après qu’Areil se soit endormie ; moins de vingt-quatre heures s’étaient écoulées. Cela signifiait que le corps d’Areil pouvait encore éliminer les substances qui lui étaient nocives, et que ses organes internes n’avaient pas été endommagés. Impossible toutefois de laisser le problème se régler seul vu son aspect extérieur : il allait au moins falloir un remède pour accélérer la réhydratation de sa peau, sous peine que la princesse ne souffre pendant plusieurs mois. La question de son audition ne se posait pas, puisqu’Areil avait pu leur répondre ; la vue, c’était une autre affaire. Il allait falloir lui poser la question. C’était d’ailleurs assez dérangeant…non tant sa possible cécité que de voir ses yeux vides. C’était dans ces circonstances que l’on se rendait compte de leur irréalité et que l’on pouvait comprendre le malaise que son apparence pouvait provoquer chez les autres races d’Aeoris.

-Arrivez-vous à voir ? demanda Kaltaïs en regardant Areil droit dans les yeux.

La princesse infirma, d’un mouvement de tête ralenti.

-Je distingue les sources de lumière lorsqu’elles sont suffisamment fortes, mais je suis autrement dans le noir.

-Depuis combien de temps ?

-Je…je ne saurais vous répondre.

-A peu près trois jours, informa Elrand. C’est arrivé d’un coup, en plein milieu de la journée.

-Permettez-vous que je regarde l’état de vos yeux ? requit Kaltaïs en s’emparant de la bougie qui était sur la commode.

Elle la maintint près du visage de l’elfe aux cheveux clairs pour scruter ses paupières et ses globes oculaires. La pupille se rétrécit en réaction à la lumière ; la cornée ne semblait pas abîmée ; aucune lésion sur les paupières. Aucune conséquence, ou trop minime pour être décelable, sur le long terme : voilà qui était rassurant. Néanmoins le fait qu’elle garde les yeux grands ouverts aussi près de la flamme laissait présager au moins quelques jours avant qu’elle ne retrouve plein usage de ses sens. Kaltaïs ne disposait d’aucune mixture dans sa sacoche qui puisse accélérer le processus.
Son corps n’était pas trop endommagé, et son esprit sorti de sa torpeur. Le bilan était positif : Elrand était venu la trouver bien assez tôt pour qu’Areil ne conserve aucune séquelle. Ne restait donc qu’à trouver un palliatif pour traiter la maladie qui avait justifié l’emploi des cachets en premier lieu. Kaltaïs se souvenait de ce qu’Elrand lui avait dit et de la conclusion qu’elle en avait tirée, mais, puisqu’elle était sur place, autant confirmer son diagnostic par un examen.

-Bonne nouvelle, commença-t-elle, les effets secondaires devraient s’estomper relativement vite, à l’exception de l’état de votre peau pour lequel j’ai un savon spécial. Ça devrait accélérer la réparation. Deux bains par jour pendant une semaine et ce sera du passé.

Derrière elle Elrand expira tout son soulagement, ce qui fit sourire Kaltaïs. En voilà un qui allait pouvoir rattraper son sommeil manqué. La réaction d’Areil fut en revanche difficile à comprendre : elle se contenta de hocher la tête et de remercier l’herboriste. Aucun soulagement, aucune joie. C’était étrange….Kaltaïs la savait suffisamment éveillée pour comprendre tout le sens de ce qui venait d’être annoncé, alors pourquoi une telle indifférence ? La demoiselle Thra commençait à avoir des doutes sur ce qu’elle avait crû percevoir. Mais pourtant elle n’avait pas imaginé l’appréhension dans la voix de la princesse tout à l’heure, si ? C’était la seule explication, alors elle ferait office de vérité…à moins qu’Areil n’ait des choses à cacher.
Non…
Si… ?
Revint en mémoire la discussion qu’elle avait eue la semaine d’avant avec son frère…de ce qu’il avait suggéré, sans oser émettre l’hypothèse pour de vrai. Si Areil avait laissé faire le coup d’état...mais non, cela n’avait aucun sens. En quoi son sentiment de culpabilité la pousserait-il à n’avoir aucune réaction par rapport à sa rémission ? A moins que…est-ce qu’elle voulait se punir elle-même ? Il allait falloir que Kaltaïs partage cette conclusion avec Elrand, même si elle ne voulait pas y croire elle-même. Si elle était effectivement dans une logique d’auto-flagellation, qui sait ce qu’elle serait susceptible de faire une fois la souffrance provoquée par sa maladie évaporée. L’alchimiste jeta un regard alarmé vers son cadet ; mais il était trop occupé à regarder Areil pour la remarquer. Ce que son frère pouvait être frustrant parfois…

-Votre Altesse, avant de vous prescrire d’autres somnifères j’aimerais m’assurer que mon diagnostic était correct, afin de vous éviter de nouvelles déconvenues avec les antidotes. Puis-je vous demander quelques informations ?

-Je vous en prie.

Non, Kaltaïs ne l’avait pas imaginé : Areil était angoissée. Nouveau regard vers Elrand ; cette fois-ci leurs yeux se croisèrent, mais Elrand n’eut pas l’air de comprendre pourquoi celui de sa sœur était empli d’inquiétude.

-Vous n’arrivez plus à vous endormir.

-Tout à fait.

Logique.

-Vous souffrez de migraines.

-Migraines et courbatures dans l’intégralité du corps, répondit-elle en clignant plusieurs fois des yeux.

Non…c’était impensable. Elle n’avait tout de même pas… ? Kaltaïs n’était pas sûre de comprendre, n’était pas sûre de ce qu’elle avait vu, mais si c’était bien ce qu’elle pensait…

-Vous sentez vos forces décliner et êtes prise de vertiges, comme si vous étiez constamment sur le point de vous évanouir.

-C’est une image très adéquate…

Mouvement très léger des yeux vers la droite. Hésitation. Non, c’était bien ce que Kaltaïs avait cru repérer. Alors c’est de là que venait sa peur. Bien sûr qu’elle devait savoir que Kaltaïs, experte en la matière, et médecin, s’en rendrait compte.
Elle mentait. Elle n’avait jamais été malade.
Kaltaïs avait du mal à y croire, mais ne comprenait surtout pas ce qu’elle venait d’observer. Qu’elle ait su berner Elrand n’avait rien de surprenant, elle savait ce qu’il était susceptible de croire et ce qui lui aurait mis la puce à l’oreille ; et comme il avait le béguin pour elle, même si elle ne le savait pas, sa tâche était d’autant plus facile. Mais d’où lui venait cette connaissance des symptômes de la maladie…qui avait permis de manipuler une alchimiste ? Cette question, encore, pourrait trouver une réponse facilement, il se peut qu’elle se soit simplement souvenue de quelque chose qu’elle avait lu. C’était plutôt l’autre question qui empêchait Kaltaïs de faire quoi que ce soit de cette nouvelle information : pourquoi ? Pourquoi avoir prétendu être malade ? Ce n’était pas pour les somnifères…si le seul problème d’Areil était de ne pas arriver à dormir Kaltaïs avait des dizaines de solutions inoffensives pour y remédier. Non seulement Areil le savait, mais elle savait également que Kaltaïs les lui aurait fournies de bon cœur.
Non…ça n’avait aucun sens. Kaltaïs devait se tromper, les réactions d’Areil devaient trahir autre chose. En continuant l’auscultation elle verrait les symptômes physiques, puisqu’elle n’arrivait pas à faire confiance à ce que lui disait sa patiente.

-Kal ?

C’était Elrand ; et malgré lui son frère ne fit qu’aggraver sa panique. Comment allait-il réagir si ce qu’elle imaginait se révélait être vrai ? Qu’Areil lui avait fait croire qu’elle était malade, et qu’elle s’était mise en danger pour une raison qui leur échappait ? Il en avait tellement souffert ; Areil savait bien à quel point il serait inquiet. Mais la princesse aurait-elle délibérément fait souffrir son frère… ? Non, voyons, Areil ne ferait jamais une chose pareille. Mais qu’elle ait agi sans prendre en compte la réaction d’Elrand, ça, c’était fort probable. Elle l’avait déjà fait. Bon sang, c’était exactement comme lorsqu’elle avait décidé de couper contact. Maintenant c’était clair. Mais Elrand lui avait fait promettre de ne jamais recommencer ! Oh bon sang, bon sang…

-Eh, Kal, laisse tes cheveux tranquilles !

Elrand lui prit la bougie et attrapa son poignet, pour l’éloigner de sa tête. Kaltaïs ne s’était même pas rendu compte de ce qu’elle était en train de faire ; mais en voyant la petite dizaine de cheveux qu’elle s’était déjà arrachée, elle reprit conscience de la situation. Honteuse, elle agrippa ses vêtements pour ne pas être tentée de recommencer, et rassura son frère, qui était partagé entre agacement et soucis.

-Désolée, j’étais en train de réfléchir. Tu m’as parlé ?

-Qu’est ce qui ne va pas ? questionna-t-il en levant un sourcil. Tu faisais une drôle de tête.

-Hein ? Drôle de tête, tu t’es vu bonhomme ? Tes cernes tombent jusqu’aux commissures de tes lèvres.

-Je ne suis pas d’humeur à plaisanter, Kal’.

Effectivement, il était loin de plaisanter. Ses yeux trahissaient qu’il était à deux doigts de la crise de nerfs. Lorsqu’il l’apprendrait, il allait être effondré. Areil…pourquoi avoir fait ça ?

-J’aimerais continuer l’auscultation…sous la chemise.

Elle ne put s’empêcher d’y ajouter un petit sourire en coin, sachant très bien l’effet que cela aurait. Non seulement Elrand ne protesta pas, mais en plus sa gêne fut amusante à observer. Sans compter qu’elle lui fit oublier, l’espace d’un instant, ce qui le rongeait depuis des semaines. Face à son air désemparé, Kaltaïs fut trop tentée pour ne pas renchérir.

-Il va falloir que je regarde partout…même sous les sous-vêtements…

-Arrête, Kal’, c’est bon, j’ai compris ! Euh, Areil, j’attendrai dehors que Kaltaïs ait fini.

-…ce ne sera pas nécessaire, marmonna cette dernière d’un ton grave.

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MessageSujet: Re: Réveil difficile [RP solo]   Ven 7 Avr - 0:02

Les deux Thra tournèrent la tête vers la princesse. Elrand avait enfin senti que quelque chose ne tournait pas rond ; Kaltaïs, quant à elle, obtenait confirmation de ses soupçons. L’aura qui se dégageait de la « malade » avait changé du tout au tout. Désormais assise bien droite face à eux et la tête baissée, elle avait fermé les yeux ; son visage était crispé, ses poings serrés autour des couvertures qu’elle avait approchées de son corps. La torpeur qu’elle affectait quelques minutes auparavant était un lointain souvenir, ou peut-être même un rêve : en face d’eux, c’était Areil, telle qu’ils la connaissaient. Ou plutôt, c’était la Girudomasuta qu’ils avaient connue trop tard pour soutenir.

-C’est très gentil de m’accorder une chance de m’expliquer, Kaltaïs, mais c’est plus que ce que je mérite.

Elle pinça ses lèvres, comme s’il lui fallait lutter contre elle-même pour continuer.

-Et…Elrand doit apprendre la vérité.

Lorsqu’ils le purent, les mots sortirent tous seuls de la bouche de Kaltaïs.

-Alors je ne me suis pas trompée dans mon diagnostic…

-Vous ne vous êtes pas trompée…il n’y a aucun symptôme. Je savais que vous verriez vite la supercherie.

-Areil…, répéta-t-il.

Kaltaïs se retourna enfin vers son frère. Il était incrédule. Kaltaïs aussi était abasourdie face au revirement de personnalité d’Areil, mais son état, à lui, lui brisa le cœur. Comment allait-il réagir face à cette confession…?

-Tu n’as jamais été malade ?

Ce n’était pas vraiment une question. Il était probable qu’il ne cherche qu’à lui faire avouer son mensonge de but en blanc afin de soulever le voile d’irréalité qui recouvrait la scène. Kaltaïs retenait son souffle, scrutait les réactions de son cadet. Il était sous le choc. Ce n’était pas tout. Du soulagement on dirait, mais teinté de peine. Impossible de prédire comment il encaissait, comment il encaisserait la nouvelle : l’alchimiste craignait le pire.

Areil ne parvint pas à répondre. Son visage s’était levé en direction de la voix, mais de sa bouche ne pouvait sortir aucun mot ; quand ses paupières se mirent à trembler et sa respiration à se faire plus difficile, elle abandonna. Son dos comme sa tête se relâchèrent ; elle rapprocha ses genoux de sa poitrine, et d’un murmure, presque indicible :

-C’aurait été plus juste que je le sois.

Kaltaïs avait bien compris le non-dit, et l’aspect pitoyable d’Areil lui faisait trop mal pour qu’elle puisse raisonner. Ce qui fut pour elle cause d’empathie eut en revanche un effet bien plus violent sur son frère, dont la surprise laissait ostensiblement place à d’autres affects.

-En quoi ?

Aucun mouvement de la part de la princesse. Toujours attentive à l’état d’Elrand, Kaltaïs vit ses poings se serrer sous le coup d’une émotion vouée à éclater sous peu. Colère, douleur ? Possiblement les deux. Kaltaïs ne pouvait pas vraiment lui en vouloir : elle-même ne parvenait pas à porter un jugement sur la situation malgré son recul. Difficile de s'emporter contre Areil dans l'état dans lequel elle était et après tout ce qu’elle avait subi, mais son petit frère avait eu si mal en la voyant s’autodétruire…

-Tu savais que Kal’ t’aurais donné de quoi soigner tes insomnies. Mais tu voulais te faire souffrir encore plus, je me trompe ? Et tu savais que je ne te laisserais pas faire, donc tu as trouvé un moyen de le faire en douce. Areil…tu m’avais promis…

La voix d’Elrand traîna mais aucun écho ne se fit entendre en réponse…c’était tout aussi éloquent que tout ce qu’Areil aurait pu dire. Ce qui peina le plus Kaltaïs, c’est qu’il avait trouvé une explication trop rapidement pour quelqu’un qui était complètement pris au dépourvu. Une partie de lui avait dû redouter ce qu’il avait voulu nier : les blessures qu’Areil avaient reçues dans son cœur n’avaient toujours pas commencé à cicatriser, et dans leur aveuglement ils avaient laissé les plaies s’infecter…et les voilà, désormais, en train de se blesser l’un l’autre au lieu de se soigner mutuellement. Leur attachement était sincère, mais l’étaient-ils envers eux-mêmes ?

-Tu préfères mettre ta vie en péril plutôt que de nous demander de l’aide, c’est ça ?...je croyais que tu me faisais confiance.

-Ça n’a rien à voir…, rétorqua-t-elle faiblement. Je t’ai toujours fait confiance…

-Et comment !

Kaltaïs pensa bon d’intervenir, en voyant la princesse paniquer et son frère à deux doigts de dire des choses qu’il regretterait au moment même où il les entendrait.

-Elrand, laisse-la au moins s’expliquer.

Il se figea un instant, puis ses épaules se détendirent légèrement.

-Très bien. Alors, Areil ?

Areil tenta de s’expliquer. Tenta de toutes ses forces de lutter contre ces lèvres qui restaient scellées. Les mots essayèrent de glisser le long de son visage, depuis ses yeux, et de forcer sa bouche gercée à céder ; mais elle refusait d’émouvoir, de provoquer. Areil se recroquevilla un peu plus, enserrant ses genoux et y cachant son visage. À côté de Kaltaïs, Elrand avait usé le peu de patience que son emportement lui avait accordé.

-Je vois.

Avant que l’alchimiste n’ait pu voir le visage associé à cette déclaration soufflée sous le coup de l’émotion, la porte fut refermée assez violemment. Son regard resta fixé dessus un long moment ; devrait-elle aller voir dans quel état il était ?

-Il s’en doutait, au fond…il ne me le pardonnera pas, cette fois-ci. C’est pour le mieux. Il va pouvoir retourner à la maison, maintenant…

Kaltaïs se retourna vers Areil. Elle ne savait toujours pas comment réagir vis-à-vis de la princesse...

-Areil, qu’est-ce qui vous a pris de faire une chose pareille ?

Kaltaïs laissa un long silence s’installer, n’arrivant pas à savoir si la jeune elfe cherchait ses mots ou si elle avait intention de se murer dans son silence. Elle se doutait qu’elle n’aurait aucune explication. Si elle n’avait pas répondu à Elrand, il était peu probable que quiconque puisse savoir ce qui se passait dans son cœur.
Peu probable, mais, dans la tragédie qui se déroulait sous les yeux de Kaltaïs, pas impossible.

-Je…je n’arrivais plus à le regarder dans les yeux. Pas après vous avoir entraînés dans ma chute. Kaltaïs, Estaleïs…Elrand...pardon…tout est de ma faute…

Ces mots furent prononcés entre deux sanglots étouffés. On pouvait sentir qu’elle voulait allonger ses excuses, mais les larmes contre lesquelles elle avait lutté jusqu’alors venaient de remporter la bataille. Kaltaïs, quant à elle, se sentit fléchir au nom de sa jumelle adorée : elle se sentait tout autant responsable que la princesse de ce qui était arrivé à Estaleïs. Un silence compatissant s’installa, tandis que Kaltaïs, plongée dans les recoins les plus assombris de son cœur, cherchait une réponse adéquate. Même si elle comprenait la colère de son frère elle ne pouvait pas rester impassible, elle devait consoler la princesse et, ce faisant, essayer de se consoler elle-même. Dans la souffrance elle se sentait plus proche de cette héritière des Gothello pour laquelle elle n’avait jamais vraiment réussi à déterminer la nature de ses sentiments. L’héritière des Gothello ?…non. Ce qu’elle voyait en face d’elle, c’était une jeune elfe qu’elle connaissait depuis sa tendre enfance, et que par son frère elle savait d’une sensibilité rare ; c’était une pauvre jeune fille qu’on avait accablée de responsabilités et soumise à une pression insupportable jusqu’à ce qu’elle craque ; mais, malgré tout, c’était une elfe courageuse, qui avait réussi à garder la tête hors de l’eau pendant des années, là où Kaltaïs savait qu’elle se serait noyée à sa place. Areil s’en voulait d’avoir perdu pied, mais personne n’aurait tenu aussi longtemps à sa place. Celui à qui Kaltaïs devait en vouloir…c’était le roi, pas la princesse. Elle n’osa pas continuer sur cette idée…elle n’avait pas le droit de remettre en question celui qui avait volé les traits de son père. Mais jamais il n’aurait dû nommer Areil à ce poste si longtemps. Areil était un dommage collatéral dans des manigances incompréhensibles, comme la famille Thra…comme Estaleïs….comme Kaltaïs. Non…Kaltaïs ne pouvait pas en vouloir à Areil, même si Elrand subissait le contrechoc de son attitude destructrice.
Elle venait peut-être de comprendre ce qu’il fallait dire.

-Areil, aucun de nous ne vous tient pour responsable de ce qui s’est passé. L’agneau sacrificiel dans cette histoire, ce n’est ni Elrand, ni ma sœur ni moi. C’est vous. Vous êtes la principale victime. Même votre sentiment de culpabilité en est une preuve, car vous n’avez aucun crime à expier. Est’ a été blessée par des assassins, et elle s’en sortira. Son état est stable, même si elle encore faible. D’ici quelques mois elle se sera sculptée une jambe de bois si belle que c’est l’autre jambe qui fera tache.

Kaltaïs sourit tristement à cette déclaration. Elle ne doutait pas une seconde que sa sœur déploierait tous son talent pour palier à son amputation, mais le fait demeurait que sa vie en serait bouleversée…dans le meilleur des cas. Elles ne pourraient plus danser ensemble, ou s’adonner à leurs expéditions hebdomadaires dans la forêt, à la recherche de trésors insoupçonnés en haut des arbres. Pour ne pas s’enfoncer dans ses pensées négatives, Kaltaïs se recentra sur la situation présente et reprit en soupirant.

-Elrand…vous savez tout aussi bien que moi qu’il se laisse facilement emporter par ses émotions, d’autant plus après tout ce qui s’est passé ces derniers mois. Moi-même je pense que je me serais sentie blessée à sa place, et avec les nerfs à cran je m'attendais malheureusement à une réaction violente de ce type. Mais passé le choc initial il réagit toujours avec sagesse, et il ne prend aucune décision qu’il pourrait regretter. Je pense qu'il est déjà en train de ressasser et de s'en vouloir de vous avoir agressée ainsi. Areil...vous êtes ce qu’il a de plus cher au monde. Je pèse mes mots. Après que vous vous êtes réconciliés il a pris la décision de rester à vos côtés et de vous protéger : il ne reviendra pas dessus. Même s’il souffre aussi d’être en cavale, et de ne plus pouvoir vivre normalement, il s’en accommodera. Il a jugé que votre bonheur et votre sécurité lui importaient plus que son train de vie et ses amis, et je sais qu’il a pris la décision qui était la bonne pour lui. Il ne vous abandonnera jamais.

Ces remarques sur Elrand furent écoutées religieusement. Les sanglots d’Areil s’étaient raréfiés, mais l’étreinte autour de ses genoux s’était renforcée. Kaltaïs avait visé juste.

-C’est réciproque, n’est-ce pas ?

Kaltaïs n’avait aucune arrière-pensée, pour une fois. Ils s’aimaient plus que tout, c’était indéniable ; peu importe qu’il s’agisse d’un indestructible lien fraternel ou d’autre chose. Même si Areil n’était pas amoureuse d’Elrand (qu’elle le soit ou non, Kaltaïs estimait que même la principale intéressée ne le saurait que devant le fait accompli) il était tout le temps au fond de son cœur.

-Je…je savais que mon attitude le blessait, Kaltaïs.

Les larmes revenaient à ses yeux, mais elles coulaient silencieusement désormais. Kaltaïs sentait que quelque chose s’était passé en elle, qu’elle était…plus sereine, peut-être ? Impossible de savoir si c’était parce qu’elle s’était enfin permise de pleurer, si son mensonge lui avait pesé sur la conscience, si le regard inquiet d’Elrand l’avait rendue malade de culpabilité ou si c’était parce qu’elle arrivait enfin à évacuer les tourments de son âme, mais Areil allait déjà mieux. Elrand avait dit une fois aux jumelles que sa jeune amie était indestructible, mais qu’elle avait toujours besoin d’être rassurée. On dirait qu’il avait encore une fois vu juste. Il lui faudrait du temps pour récupérer de tous les chocs émotionnels accumulés, mais elle en ressortirait sans séquelles…si elle acceptait de guérir.

-Alors vous lui devez des excuses, vous aussi.

Kaltaïs s’assit au bord du lit.

-Areil...je vous en prie, arrêtez de le repousser. Vous avez besoin l’un de l’autre. Laissez-le vous aider…et s’il vous plaît, ménagez-le. Il a un grand cœur, mais ce n’est pas parce qu’il garde la tête haute qu’il n’est pas affecté par la situation lui aussi. A lui aussi ça lui ferait du bien si vous lui disiez ce que vous avez sur le cœur. Et, euh…si vous voulez je peux aller lui parler…

Son hésitation avait été provoquée par un mouvement inattendu de la part d’Areil : ses yeux rougis par l’émotion s’étaient posés de façon hasardeuse sur Kaltaïs, ce qui l’avait perturbée. Son aspect avait de quoi mettre mal à l’aise, bien que ce soit le mélange de sentiments indéfinissables dans son regard qui avait fait sursauter la pensée de Kaltaïs. Quelque chose la poussait à penser que la Miss voulait suivre le conseil immédiatement et aller parler à Elrand. L’alchimiste croyait aussi y déceler de la peur et de la honte, mais entre la morbidité de son visage, ses larmes et sa cécité, l’impression irréelle d’être face à une illusion plutôt qu’à une personne en chair et en os brouillait les distinctions. Peu à peu les bras d’Areil se desserrèrent autour de ses genoux. Elle se rassit de façon plus naturelle et essuya ses larmes.

-C’est très aimable à vous et je vous remercie de cette proposition, mais je tiens à obtenir son pardon de mes propres moyens. Vous avez raison…j’ai besoin de sa présence. Mais je doute qu’il ait besoin de la mienne, ou même qu’il en tire quelque réconfort. En vérité, je ne comprends pas qu’il ait choisi de me pardonner la première fois…

-Il a besoin de vous autant que vous avez besoin de lui, croyez-moi. Est’ et moi-même avons fait tout ce qui était en notre pouvoir pour lui permettre de choisir la vie qu’il voudrait mener. Il a conservé toute son insouciance et sa force de caractère ; il se lie facilement aux autres. Il est agile, curieux et loin d’être idiot, et s'il était un peu moins paresseux et un peu plus ambitieux il pourrait accomplir pas mal de choses. Avec ses idées farfelues je l'aurais bien vu inventeur ou explorateur. Mais il est de ces rencontres qui ont un tel effet qu’elles influencent toute votre vie. Vous êtes la sienne. Même lorsque vous aviez décidé de rompre tout contact, et qu’il semblait résigné à ce que vous ne vous parliez plus, nous avions de vos nouvelles par son biais. Dire que sa vie tourne autour de vous serait réducteur, mais vous en avez donné la direction.

Areil avait l’air surprise par ce que Kaltaïs venait d’affirmer, ce qui fit remarquer à cette dernière qu’elle avait débuté sa tirade de façon très maladroite. Areil ne devait pas savoir ce qui se passait entre son père et les jumelles : elle avait déjà assez de soucis comme cela, et Kaltaïs devait respect et obéissance au roi…si ce dernier ne voulait pas mêler sa fille dans son chantage affectif Kaltaïs n’avait aucun droit de le faire. Ce n’était, heureusement, pas ce qui avait retenu l’attention d’Areil :

-Je ne me doutais pas une seconde d‘avoir une telle importance dans sa vie…mais est-ce là bien sain pour lui ? Vous m’inquiétez sur son compte…

-Bien sûr, voyons, il vous est dévoué corps et âme mais il ne s’agit en aucun cas d’une obsession. Vous le poussez simplement à se surpasser, Votre Altesse…

Elle s’arrêta en voyant les sourcils d’Areil se froncer à nouveau. Aurait-elle dit quelque chose de mal ?

-Je vous en prie, Kaltaïs…ne m’appelez plus ainsi. Je ne suis plus rien.

L’alchimiste comprenait mieux ce qui tracassait la jeune elfe. Quelle maladresse ! Bien entendu qu’avec tout ce qui s’était passé la pauvre Areil devait remettre non seulement sa valeur mais également son identité en question. Kaltaïs se doutait qu’il serait inutile de la contredire : bien qu’elle demeure la future souveraine, comment convaincre cette jeune fille perdue que rien n’avait vraiment changé ? A la vérité, Kaltaïs elle-même avait du mal à croire que son frère et elle rentreraient au pays elfique sous peu, et dans les conditions actuelles c’était de plus en plus difficile de se souvenir de la hiérarchie…peut-être la solution la plus simple était-elle de parler à l’elfe et non à la dauphine.

-Vous êtes Areil, une jeune elfe, gentille et sérieuse. Votre poste de Girudomasuta n’est pas votre identité. Et vous rentrerez à la maison dès que les conditions le permettront, et verrez que vous êtes toujours l’héritière du trône, si c’est là ce qui vous inquiète.

L’effet ne fut pas spécialement positif…

-Kaltaïs…ne me ménagez pas, je vous prie. Est…est-ce pour cela que vous restez… ? Parce qu’on vous en a donné l’ordre… ?

-Bien sûr que non ! Voyons, Areil, reprenez-vous.

La réponse de Kaltaïs pouvait sonner étrangement, mais Areil ne sembla pas s’en rendre compte. Kaltaïs sentait son cœur battre à la chamade. Elle avait en apparence balayé la réponse d’un revers de la main, mais elle l’affectait plus que nécessaire. Qu’est ce qui motivait Kaltaïs à rester à Aeoris… Areil aurait-elle raison ? Elle savait très bien qu’elle voulait retourner au chevet de sa sœur et ne plus jamais retourner dans cette ville qu’elle abhorrait. Oublier tout ce qui s’était passé et enfin avoir l’autorisation du roi de vivre une vie normale. Oublier qu’elle était une Thra et elle devait tout sacrifier aux Gothello. Mais il y avait Elrand…c’était indéniable que c’était surtout pour lui qu’elle acceptait de supporter Aeoris. S’il avait pu rentrer et qu’Areil avait été seule, Kaltaïs serait-elle restée sans les ordres du roi… ? Elle n’en savait rien…et elle s’en voulait. Comment pouvait-elle réagir de façon aussi égoïste alors que la princesse n’avait plus rien à quoi se raccrocher ?
Areil n’avait effectivement rien senti des tourments de Kaltaïs, à en juger par ce qu’elle proposa alors timidement :

-Merci Kaltaïs…votre sollicitude me touche bien plus que mes mots ne le laissent paraître. Je vous en prie, si…si vous souhaitez ignorer les formalités, n’hésitez-pas à me tutoyer.

L’alchimiste fut assez surprise, et un brin honteuse. Alors qu’en son for elle se demandait si elle serait restée uniquement pour Areil, la princesse venait de lui tendre la main…ce tutoiement était loin d’être anodin. Les personnes qu’elle autorisait à la tutoyer pouvaient être comptées sur les doigts d’une main, tant elle avait besoin de maintenir une distance émotionnelle. Elle avait donc décidé d’accorder son entière confiance à Kaltaïs…et symboliquement d’anéantir la hiérarchie. Kaltaïs était bien conscience de ce que ces mots signifiaient. Mais pouvait-elle accepter… ? D’une part en tant que Thra consciente de son infériorité, de l’autre en tant qu’individu…était-ce honnête de sa part de laisser Areil la voir comme une proche ? Il est vrai qu’elles se connaissaient depuis des années, et qu’elles étaient en bon termes. Il y avait bien une petite différence d’âge qui les séparait, et le fait qu’Elrand soit le noyau de leur relation pouvait laisser songeur quant à la véracité d'une amitié entre elles, mais…Kaltaïs devait bien admettre qu’elle s’était attachée à Areil au fil du temps. Il restait toujours une ambiguïté à cause des secrets du roi -comment nier qu'Areil était au centre de ses malheurs, sans même qu'elle en soit coupable ?-, mais si elle n’en avait rien su elle aurait sûrement développé un lien de type fraternel envers la jeune elfe. Face à la détresse d’Areil plus tôt Kaltaïs avait réussi à faire taire son ressentiment injuste envers elle…et dans ces conditions elle se rendait compte qu’elle était plus attachée à elle qu’elle ne l’aurait cru.  Mais était-ce seulement l’effet du moment ? Difficile à dire…mais si elle acceptait, peut-être arriverait-elle à faire la paix avec elle-même et avec Areil. En la tutoyant…elles seraient sur un plan d’égalité. Les ordres du roi deviendraient impuissants. Inconsciemment, Areil lui proposait bien plus que sa confiance : il se pouvait qu’elle lui propose de reprendre sa vie en main.
C’était décidé : si Areil lui accordait sa confiance, elle en ferait de même.

-Toi de même.

C’était presque imperceptible, mais un léger sourire apparut sur le visage d’Areil en entendant la réponse de Kaltaïs.

-Je…je vais essayer. N’hési…te pas à me corriger si je te vouvoie par habitude.

Elles discutèrent un peu pour s’habituer à ces nouveaux pronoms, ou du moins c’est ce qu’il sembla à l’alchimiste. C’était comme si quelque chose d’autre avait changé. D’une part, Kaltaïs se sentait beaucoup plus affectueuse envers sa consœur ; de l’autre, un poids semblait s’être envolé en emportant la gêne que Kaltaïs avait toujours ressentie entre les deux elfes. Lorsque la conversation dériva sur Elrand, Areil demanda à Kaltaïs si elle pouvait l’aider à se rendre au salon, expliquant qu’elle aurait plus de chance d’y croiser Elrand et qu’elle préférait, dans tous les cas, sortir de cette chambre. Elle n’avait plus sommeil et, avec ce qui s’était passé, elle ne s’y sentait pas vraiment à l’aise…Kaltaïs lui offrit volontiers son bras, et la princesse se leva enfin. Une fois les escaliers descendus, Kaltaïs installa Areil sur le divan, devant le feu. Étrangement Areil conserva son emprise sur le bras de l’alchimiste une fois assise, ce qui la poussa à lui demander si elle voulait autre chose. Avec beaucoup d’hésitation, elle demanda si Elrand risquait de mal le prendre si Areil s’aidait d’un peu d’alcool pour se confier. L’idée fit presque rire Kaltaïs.

-Si j’étais toi j’aurais plutôt peur qu’il termine la bouteille. Ne bouge pas, je t’apporte ça tout de suite.

Kaltaïs chercha un moment faute de savoir où était la réserve, mais une fois trouvée elle dût résister l’envie de prendre une bouteille supplémentaire pour son propre usage. L’ancien propriétaire avait clairement une appétence et une connaissance exquise des joies de l’ivresse. Sans ses problèmes de foie, Kaltaïs aurait même campé devant le placard à alcool. Ou devant la cave à vin. C’était impossible qu’il n’y en ait pas chez quelqu’un qui aimait l’hydromel d’Astos. Tous ces alcools lui firent regretter que sa sœur ne soit pas là, elle qui ne disait jamais non à un verre. Elle finit par retourner dans la salle de séjour, refermant le placard en espérant faire taire ses regrets. En passant elle aperçut Elrand par la fenêtre. Il avait reconverti sa claymore Gald’än en outil de bûcheron, mais de loin et dans l’obscurité Kaltaïs n’arrivait pas à voir son visage. Puisqu’il était appliqué à une tâche Kaltaïs jugea qu’elle n’aurait pas besoin de le réconforter. Elle l’observa un moment, puis retourna voir Areil.

__________________________________

She remains by the window alone, staring into the rain... [source]

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